Dans un précédent post, j’émettais mon souhait de voir notre commune adhérer au système des poubelles à puce. Dès janvier 2009, ce sera le cas étant donné que Waremme est membre d’Intradel (72 communes sur 84 de la province de Liège). Dans un article du 9 mai 2008, la LLB parle même d’une “grande révolution ordurière” pour les communes liégeoises liées à l’intercommunale.
La première question que l’on peut légitimement se poser est pourquoi changer de système de ramassage des déchets ?
En fait, il s’agit d’une directive européenne (décision des Etats membres) ayant pour but d’appliquer le principe du “coût-vérité”, c’est-à-dire le principe du pollueur-payeur. Par ailleurs, parallèlement à cela, l’Union européenne souhaite miser de plus en plus sur la valorisation des déchets. En effet, les matières premières sont de plus en plus rares et donc de plus en plus chères, il convient donc de valoriser les déchets qui peuvent très bien avoir plusieurs vies. C’est la raison pour laquelle depuis de nombreuses années, différents systèmes de ramassage des déchets ont vu le jour (étiquettes payantes, sacs payants, parcs à conteneurs…).
Quel constat peut-on en tirer ?
Ces systèmes sont plus ou moins efficaces, peu pour les étiquettes et assez bien pour les sacs payants. Mais on peut encore faire mieux. C’est pourquoi, depuis quelques années, plusieurs communes pilotes ont fait le choix des poubelles à puce avec des résultats très prometteurs !
Mais quels sont les avantages de passer à un système de conteneur à puce ? Plusieurs choses :
- Prix plus juste : chaque citoyen est taxé en fonction des déchets déposés dans le conteneur;
- Diminution de la consommation des sacs poubelles (réduction des déchets);
- Réduction de la qualité des déchets grâce facteur proportionnel (€/kg).
- Système propre et pratique : le conteneur est une poubelle rigide munie de roues qui facilitent son déplacement et évite l’éparpillement des déchets par les chiens errants, rongeurs, et autres animaux (chats…).
- Meilleures conditions de travail pour le personnel de ramassage : facilité de manipulation, effort réduit, diminution des risques d’accidents de travail par coupures, piqûres, déchirures musculaires…;
- Pour Intradel, ça permet d’uniformiser le système de ramassage et donc de réaliser des économies de logistique et financières (LLB);
Concrètement, qu’est-ce qui va changer ?
A la place du sac payant de couleur jaune, chaque ménage recevra deux conteneurs à puce : l’un pour les résidus d’ordures ménagères et l’autre pour les déchets organiques. Le plan tarifaire adopté est le suivant : en fonction de la composition du ménage, la taxe forfaitaire (en remplacement de la taxe socle) sera de 62 € pour un isolé, de 102 € pour un ménage de 2 personnes et de 142 € pour les ménages de 3 personnes et plus.
Cette taxe comprend :
- la fourniture et l’entretien des deux poubelles à puce (“normale” et organique);
- les ménages ne paieront plus de sacs (sauf sac PMC de couleur bleue, 20 sacs compris dans le forfait, soit 2 € (20*0,1€));
- le forfait comprend un certain nombre de levées (de la poubelle à puce) par an et une quantité annuelle de déchets (60 kg/personne et 30 kg/personne de déchets organiques). Le prix est calculé sur base de la production d’un ménage moyen en province de liège (en 2006, 177 kg/hab/an ; Waremme : 153 kg/hab/an). L’échevin Mignolet ajoute que le forfait comprend également le ramassage des papiers-cartons et une carte d’accès au recyparc (Le Jour Huy-Waremme).
Petit calcul :
Auparavant (2008), 1 ménage (3 personnes) produit 1 sac/semaine (10 kg). Total année : 520 kg (52*10). Coût total annuel = 52*1 = 52 € + taxe socle (95 €) = 147 € (pour un isolé, 127 € : 75 + 52). Désormais, si le même ménage (3 personnes) ne modifie pas son comportement, le coût sera de : (520-3*60-3*30) = 250 kg ; 1/3 de 250 = 83,34 kg
142 + (100*0,07 + 166,66*0,11) + (83,34*0,06) = 172,3366 €
Soit une différence entre 2008 et 2009 de 25,3366 € (172,3366 – 147).
En somme, on pratiquant une telle tarification, on va complètement à l’encontre du principe du pollueur-payeur. En effet, une taxe forfaitaire n’est jamais équitable. Faut-il rappeler que les socialistes revendiquent des amendes proportionnelles en cas d’infraction au code de la route ? Deux poids deux mesures !!!
En fait, on ne récompense pas les citoyens qui ont fait un effort en réduisant leurs déchets. Au contraire, au vu de l’exemple chiffré, on ne provoque pas une différence significative entre les deux systèmes, ce qui rend plus difficile les objectifs à atteindre en terme de réduction. Pourquoi n’a-t-on pas adopté le système tarifaire d’application dans les autres communes et communes pilotes d’Intradel (Huy, Verlaine…) où l’on paie en fonction du nombre de levées et du poids des déchets ? A cela s’ajoute un manque de transparence dans la ventilation du montant forfaitaire : combien de levées (52, on suppose puisque principe hebdomadaire maintenu) ? Coût de la levée ? Coût du ramassage des papiers-cartons, PMC… ?
Par ailleurs, celui qui fait un compost est doublement pénalisé car il payera quand même pour le système de poubelle organique alors qu’il ne l’utilisera pas pas ou que très rarement.
Il faut une base forfaitaire mais la part variable doit être d’au moins 50 pour cent et pas de 96 pour cent comme on a pu l’apprendre dans les journaux. En appliquant un indice si élevé, où est encore l’intérêt de la proportionnalité qui se voit réduire à 4%.
Basé sa tarification sur base d’un ménage moyen en province de Liège est incorrect. Tout le monde sait que toutes les communes ne produisent pas la même quantité de déchets (plus la ville est grande, plus les kilos par habitants augmentent, tel est notamment le cas de Seraing ou encore celui de Liège). Il semblerait qu’Intradel mettrait ce système en place afin de “mutualiser” les coûts entre les communes. Ce qui revient donc, je le répète, à faire payer les communes qui ont fait des efforts par celles qui n’en font pas.
Enfin, en ne faisant supporter le coût du traitement des déchets uniquement sur les citoyens, même si c’est indispensable, on n’encourage absolument pas les distributeurs à revoir leur politique d’emballage, au contraire, le volume des emballages ne fait que croître. Or, le meilleur déchet est celui qui n’existe pas !
En conclusion, l’instauration du système des poubelles à puce est un très bon moyen de réduire le volume de nos déchets. Malheureusement, le tarif forfaitaire qui sera pratiqué par l’intercommunale ne permettra pas de répondre à cet objectif. Certes, il est fort problable que le volume diminue mais pas autant que si le système de tarification était partagé entre deux parts égales (forfaitaire et proportionnelle). Espérons qu’à l’avenir et au vu des résultats qui découleront des premières années de ce nouveau système, les communes prendront conscience que les citoyens ne sont pas uniquement une vache à lait et qu’ils sont prêts à faire des efforts mais ils faut pour cela qu’on leur donnent tous les outils pour y arriver !